Même le créateur du plus grand manga de tous les temps a ses trous de mémoire… au point d’inventer un nom à la dernière minute pour un personnage culte qui n’en avait jamais eu.
C’est une anecdote méconnue mais révélatrice sur l’univers de Dragon Ball : un personnage présent dès les débuts n’avait tout simplement pas de nom. Quand Toei a réclamé des précisions pour adapter l’histoire en anime, Akira Toriyama lui-même a dû improviser. Ce détail oublié s’est transformé en clin d’œil culinaire… et a traversé toutes les générations de fans.
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Une demande inattendue des animateurs de Toei
Lorsque les équipes de Toei Animation ont commencé à travailler sur les premiers épisodes de Dragon Ball, elles ont contacté Toriyama pour valider les noms des personnages secondaires. Problème : l’un des hommes de main de Pilaf, déguisé en ninja, n’avait tout simplement pas de nom officiel. Ce personnage anthropomorphe, à l’allure canine, apparaît pourtant dès l’arc fondateur du manga. Plutôt que d’admettre qu’il avait oublié, Toriyama a rapidement choisi un nouveau nom improvisé. Ainsi est né “Shu”, qui allait devenir le nom définitif du personnage, adopté dans l’anime puis officialisé dans le manga par la suite.
Un clin d’œil culinaire caché dans les noms
Ce choix de nom n’est pas anodin. Dans Dragon Ball, beaucoup de personnages portent des noms liés à la nourriture ou à la boisson. Pilaf, le chef de Shu, fait référence à un plat de riz. Sa complice, Mai, complète ce jeu de mots : “Shu-Mai” est en effet une ravioli chinoise très populaire. Ce jeu de sonorités est typique du style de Toriyama, qui s’amuse à détourner des éléments du quotidien pour nommer ses personnages. On trouve ainsi des Saiyans nommés d’après des légumes (Kakarot = carotte), des divinités inspirées de boissons, ou encore des ennemis nommés comme des sous-vêtements.

Une identité initiale totalement effacée
Ce qui est plus surprenant, c’est que le personnage avait déjà été nommé différemment par Toriyama à ses débuts : il s’appelait “Soba”. Là encore, le lien avec la nourriture est évident, puisqu’il s’agit de nouilles japonaises. L’association “Soba-Mai” faisait référence à une variété de riz, dans la même logique que Pilaf. Mais ce nom a été oublié par l’auteur lui-même, et n’a jamais été utilisé dans l’anime. Lorsqu’il a fallu trancher, Toriyama s’est souvenu trop tard du nom initial, et Shu est resté. Un changement passé inaperçu pour le grand public, mais qui fait aujourd’hui sourire les fans de la première heure.
Une longévité étonnante pour un second couteau
Bien qu’il soit un personnage secondaire, Shu a traversé toutes les périodes de Dragon Ball. On le retrouve non seulement dans les premiers arcs face à Goku enfant, mais aussi dans les aventures de Dragon Ball Z, puis dans Dragon Ball Super, sous une forme rajeunie après un vœu exaucé par les Dragon Balls. Le duo qu’il forme avec Mai et Pilaf reste un ressort comique efficace, contrastant avec les enjeux souvent dramatiques des derniers arcs. Le personnage, discret mais fidèle, incarne la continuité d’un univers qui a évolué sans jamais l’effacer.
Une romance inattendue qui relance son univers
Un fait amusant : Mai, la complice de Shu, devient plus tard la compagne de Trunks, dans sa version adolescente. Ce couple improbable a créé un véritable débat chez les fans, puisque Mai a techniquement des décennies de plus que Trunks, même si elle est redevenue jeune. Ce twist illustre bien la manière dont Dragon Ball recycle ses anciens personnages pour leur donner de nouveaux rôles clés. Dans ce contexte, Shu, bien que moins mis en avant, continue d’exister en toile de fond, comme témoin des transformations de l’univers de Goku et ses amis.
Un oubli qui en dit long sur la création du manga
L’anecdote de Shu révèle surtout la souplesse de la création chez Toriyama. À l’époque, Dragon Ball était publié de façon hebdomadaire dans le magazine Weekly Shōnen Jump, un rythme infernal où chaque semaine comptait. Le mangaka devait parfois improviser des dialogues, des noms, voire des arcs narratifs entiers, sans plan détaillé. C’est ce rythme effréné qui explique certains oublis, mais aussi la fraîcheur et la spontanéité de l’œuvre. L’improvisation faisait partie intégrante de la méthode de travail de Toriyama, qui avouait souvent ne pas savoir où allait l’histoire au moment de commencer un nouveau chapitre.
Un détail mineur devenu culte chez les fans
Aujourd’hui, le changement de nom de Shu est devenu un détail savoureux pour les passionnés de l’univers Dragon Ball. Les encyclopédies en ligne, les vidéos explicatives sur YouTube, ou encore les forums spécialisés reviennent souvent sur cette anecdote pour illustrer le génie involontaire de Toriyama. Ce petit moment d’oubli s’est transformé en un élément de lore, que les fans aiment raconter comme une légende. Un personnage sans nom, baptisé dans l’urgence, devenu membre permanent d’une saga qui dure depuis près de 40 ans.
Cet article explore un épisode méconnu mais révélateur de la création chaotique et inspirée de Dragon Ball. L’histoire de Shu, ce chien-ninja sans nom devenu icône discrète, montre à quel point les petits détails peuvent avoir un impact durable dans une œuvre culte. Dans l’univers foisonnant imaginé par Toriyama, même les oublis se transforment en souvenirs inoubliables.
