LucasArts avait mis au point un moteur physique révolutionnaire, si puissant que même Hollywood s’en est servi. Pourtant, cette technologie a disparu aussi vite qu’elle est apparue, enterrée dans deux jeux Star Wars passés presque inaperçus.
En 2008, LucasArts sortait Star Wars: Le Pouvoir de la Force, un jeu d’action ambitieux sur Xbox 360 et PS3. Mais derrière son gameplay classique se cachait un moteur graphique doté d’une technologie avant-gardiste, appelée Digital Molecular Matter. Son objectif ? Rendre chaque impact, chaque destruction, chaque réaction aussi réaliste que possible. Une prouesse technique jamais vraiment égalée, même en 2025.
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Un moteur sur mesure développé dans l’ombre
Pendant que les studios multipliaient les jeux sous licence, LucasArts décidait d’investir massivement dans le développement de son propre moteur graphique, le Ronin. Ce moteur maison était équipé de trois technologies externes : la physique Havok, l’IA Euphoria (vue aussi dans GTA IV) et surtout la DMM (Digital Molecular Matter). Cette dernière permettait à chaque matériau de se comporter de façon réaliste en fonction de sa densité, son poids ou l’angle d’impact. Un bois craquait comme du vrai, un métal se déformait avec logique, un verre explosait selon sa fragilité.
Une simulation physique de niveau cinéma
Ce n’est pas un hasard si le DMM a aussi été utilisé à Hollywood, notamment dans les films de super-héros et de science-fiction où les décors virtuels doivent réagir de manière crédible. Le jeu Star Wars en a fait une vitrine technique. Sur la planète Kashyyyk, dans les premières missions, on pouvait littéralement arracher les murs, projeter des ennemis à travers des portes, ou fracturer les poutres de manière dynamique. Chaque partie était différente, chaque action provoquait une réaction unique.

Une expérience brève mais intense
Malheureusement, cette prouesse n’a pas duré. Si le début du jeu exploitait intensément la technologie, les missions suivantes l’utilisaient de manière plus discrète. Le moteur DMM restait actif, mais passait au second plan. Les scènes les plus spectaculaires, comme la déformation d’un hangar impérial sous la force, ou la destruction en temps réel de passerelles, étaient de plus en plus rares.
Une annulation qui a tout fait capoter
LucasArts avait pourtant prévu d’utiliser DMM dans un autre projet majeur : un jeu Indiana Jones. Mais le titre fut annulé en cours de production, enterrant avec lui le potentiel de cette technologie. Aucun autre studio n’a repris le flambeau. Seule Havok a survécu et s’est intégrée à de nombreux jeux, notamment ceux de Bethesda ou Ubisoft.
Une immersion plus réaliste que la moyenne
Ce qui frappait dans Le Pouvoir de la Force, c’était la façon dont les PNJ réagissaient. Grâce à l’IA Euphoria, ils tentaient de se stabiliser après un choc, s’agrippaient à leurs alliés, ou essayaient de tirer même en plein vol. On était loin des scripts figés classiques. La Force devenait presque tactile, capable de broyer une armature en acier ou de briser une plateforme en bois massif.
Une technologie en avance sur son temps
Alors que les jeux récents comme Star Wars Jedi: Survivor ou Outlaws brillent par leurs graphismes, aucun n’est allé aussi loin dans la simulation physique réelle. DMM aurait pu être l’équivalent de ce que Ray Tracing est aujourd’hui à l’éclairage : un tournant réaliste dans la manière de concevoir l’interaction avec le monde virtuel.
Le tableau des technologies utilisées
| Technologie | Utilisée dans | Fonction principale |
| Havok | Tous les AAA des années 2000 | Simulation des corps rigides (chutes, chocs) |
| Euphoria | GTA IV, Red Dead Redemption | IA adaptative des personnages |
| Digital Molecular Matter | Star Wars: Le Pouvoir de la Force | Simulation réaliste des matériaux |
Une trace encore visible aujourd’hui
Si vous regardez de près certains films ou séries produits entre 2010 et 2020, vous verrez encore les effets de DMM dans les décors 3D. La réaction du verre à l’impact, la façon dont un mur se fissure ou s’effondre, tout cela vient en partie de ces recherches. LucasArts, sans le savoir, a laissé un héritage bien plus durable que ses simples jeux vidéo.
